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Sentiers en chantier

Principaux chantiers réalisés courant 2017 sur les sentiers du Parc National des Ecrins et permettant ainsi de sécuriser certains passages qui étaient « limites » voire dangereux pour ce type de sentier (GR, PR, … ou à forte fréquentation).
Col des Grangettes
Ce col situé au-dessus du lac de l’Eychauda et qui permet le passage entre Le Monêtier-les-Bains et Pelvoux (Vallouise) a été sécurisé avec notamment la pose d’une main courante (projet qui était dans les cartons depuis 2010 !).
Col de Côte-Belle
Col qui permet de relier Valsenestre à Valjouffrey . Reprise et renforcement du sentier du vallon sur 900 mètres, sentier qui avait été fortement endommagé en 2015 suite à des pluies torrentiels.
GR entre la Brèche du Périer  et le col de Rouméïou
Reprise de cette partie du sentier par la réfection des banquettes de soutènement.
Col de la Muzelle
Col qui permet le passage entre le Valsenestre et le Vénéon. Réaménagement de son tracé dans les parties sommitales sur plus de 1200 mètres linéaires. Pour rappel, ce sentier qui traverse des zones schisteuses était très délicat dans sa partie terminale notamment côté valsenestre.
Il faut aussi noter aussi la reprise des accès et cols de L’Aup Martin, du Pas de la Cavale, de la Valette, de Gouiran, de Vallonpierre, du Vallon de l’Isola (Champoléon). Pour rappel, le vallon d’Isola qui permet de rejoindre le col de Vallonpierre ou Gouiran au départ des Auberts était fermé depuis fin 2016. Idem pour le col de la Vaurze (passage entre Valjouffrey et Valgaudémar) et du sentier reliant les refuges de Vallonpierre  et Chabournéou (Valgaudémar).
Et aussi bien d’autres réalisations …

Source PNE

Escalade Ponteil

Nouvelles voies d’escalade ouvertes en 2016 et 2017 par B&K secteur « la tour des anges » falaise du Ponteil.

 

Cotations à confirmer (sans doute encore un peu de nettoyage à faire lors des répétitions)
– A: Anges et démons (7a+)
– B: Le chemins des cieux (6c)
– C: Les âmes perdues (6b+)
– D: Le sang de la vigne (6b+)

Escalade Roche Robert

Nouvelle voie d’escalade « Deux papis papotaient » ouverte en face Ouest de Roche Robert (05) début été 2017 par Jean Noël Bourgeois et Jean Marc Frigiolini (club Hot Roc). Corde de 80m suffisante. 3 longueurs (L1: 5b, A0/2pts puis 5c/6a; L2: 6a, 6b ou A0/2pts puis 6a; L3: 6a+). Descente en rappel dans la voie. Accès en 1h15 depuis le Pont de l’Alpe.

Falaise du Ponteil

Deux nouvelles voies d’escalade équipées par Bernard et Katty ce printemps 2017 au secteur La tour des anges:
– Anges et démons
– Le chemin des cieux
Remarque : Encore quelques mousses à frotter (chacun peut y contribuer en enlevant une petite mousse de-ci de-là !). Cotations à confirmer mais aux alentours de 6c. Equipement rapproché pour permettre aux moins forts de progresser quant aux aguerris, ils peuvent toujours mousquetonner un point sur deux ! Matériel fourni par le club Hot Roc.

Projets pour cet été !

La voie romaine de l’Oisans

Voie protohistorique faite pour les marcheurs et animaux sous l’époque des Uceni, elle a été aménagée en route carrossable pour le commerce et le passage des légions par les Romains.
Avant la conquête romaine, cette région est habité par les Ucènes (Ucennii en latin qui est à l’origine du mot Oisans). Cette peuplade, implantait sans doute depuis le 8e siècle avant J.-C, occupait le bassin de la Romanche avec les vallées affluentes et contrôlait de part sa position la voie commerciale entre Lyon et Turin via Grenoble, Bourg d’Oisans, le col de Lautaret, Briançon et Montgenèvre. Entourés par d’autres peuples indépendants comme eux, les Médulles, les Tricores, les Ceutrons, les Allobroges, ils jouissaient d’une existence propre et d’une autonomie complète à l’abri de la grande enceinte des monts qui les protégeait. Un sol fertile, des rivières, d’immenses montagnes procuraient des avantages exceptionnels non seulement pour son bien être intérieur, mais encore pour les échanges et le commerce. L’exploitation de mines nombreuses, ajoutait à ces avantages une source féconde de richesses. Les habitants du pays ucénien avaient une civilisation avancée (hypothèse corroborée par la découverte en plusieurs points de la région (Ventelon ,Venosc, …), d’objets divers et précieux, signes de distinction chez les peuples de la Gaule). Ainsi que tous leurs voisins, les Uceni étaient constitués en peuplade guerrière, chargée principalement de la défense du sol contre les ennemis du dehors. Les guerriers étaient des hommes robustes habitués à une vie laborieuse, aguerris par l’exercice périlleux de la chasse aux bêtes féroces, et préparés aux dangers de la guerre.
Le temps vint où ils allaient déployer toutes ces qualités contre un ennemi dont ils connaissaient la puissance. Rome, déjà maitresse d’une partie du monde, méditait la conquête des Gaules, et le pays des Uceni, situé non loin de la frontière italienne, pouvait lui fournir à cet effet un passage fort utile permettant d’accéder directement aux limites de l’empire romain. C’était le chemin le plus court de l’Allobrogie. En 58 avant J.-C, César dirigea ses troupes par ce chemin jugé plus favorable que d’autres à ses desseins ultérieurs. Mais, dès qu’il s’y fut engagé, il trouva les Uceni sur son passage. Chaque trajet tenté à travers leur peuplade était pour les Romains une série de luttes sanglantes où le nombre finissait toujours par l’emporter, mais qui n’en compromettaient pas moins le succès de leurs expéditions. Afin d’obtenir par là une circulation libre pour des légions il fallut d’abord dompter ces ennemis dont la résistance était si redoutable. Une dernière bataille fut livrée sur le plateau de Mont-de-Lans dans laquelle les Uceni, malgré une résistance opiniâtre et de valeureux efforts furent définitivement soumis et vaincus. C’est sans doute pour célébrer cette victoire décisive, qu’a été dressé, près du lieu qui en fut témoin, l’arc triomphal encore existant sur le territoire de cette commune, et connue sous le nom de « Porte des Romains ». Un monument de genre, élevé en cet endroit, signifiait de la part des vainqueurs l’importance du pays conquis et le prix qu’avait dû leur coûter la victoire. Rien ne prouva mieux d’ailleurs la vaillance et le patriotisme des Uceni, par la défense de leur pays contre l’invasion romaine, que l’honneur de voir leur nom inscrit, au rapport de Pline, sur le trophée des Alpes érigé par Auguste, au nombre des quarante peuples guerriers que Rome dut vaincre avant d’assujettir la Gaule.
Devenus maîtres du pays ucénien, les Romains s’empressèrent de mettre au service de l’invasion le chemin dont la possession leur avait été à cœur parce qu’ils en avaient compris toute l’utilité stratégique. La voie protohistorique était faite pour des marcheurs et des animaux, bâtés ou non, mais les Romains avaient besoin d’une route carrossable pour le commerce et le passage des légions. Pour cela, ils ont appliqué leurs talents de constructeur à l’édification de la route en haute montagne, route que la Table de Peutinger et l’Anonyme de Ravenne indiquent comme un grande voie transalpine. C’est la plus courte pour relier Rome à Lyon. La voie romaine sera aménagée entre l’an 13 et l’an 6 avant J.-C, sur le tracé de l’ancienne voie protohistorique en empruntant les bords de la Romanche au prix d’aménagements importants par les ingénieurs romains : c’est probablement ces travaux sur une route essentielle pour Rome qui ont frappé les esprits jusqu’à donner le nom de « Romanche » au torrent qu’elle suit sur une bonne partie de son cours. Lorsqu’ils eurent ensuite assuré leur domination sur les Gaules, les Alpes n’ayant plus pour eux de barrière, leur empire s’étendait incontesté sur les deux versants de la chaine centrale. Les provinces du versant occidental formaient la Gaule transalpine, et celles du versant oriental, la Gaule cisalpine. Chacune d’elles avaient ses villes métropoles et ces villes privilégiées étaient reliées entre elles par des voies spéciales qui franchissaient les chaines. Au nombre de ces métropoles se trouvaient la cité de Turin, pour la Gaule cisalpine, et celle de Vienne pour la Gaule transalpine. On songea à rattacher l’une à l’autre ces deux cités importantes, et le lien le plus direct pour elles se trouva dans la voie, des Alpes Cottiennes ou Briançonnais venait traverser la contrée des Uceni ou l’Oisans, et passait à Grenoble pour aller aboutir à Vienne. Les Romains ; qui connaissaient cette voie, la choisirent et la mirent dans l’état de viabilité convenable, à travers la montagne. Classée Parmi les voies consulaires, celle-ci eut une largeur de 5 mètres, et fut rendues partout carrossable sur son parcours dans le pays ucénien ; 3 ou 4 localités, situées à des distances à peu près égales (Gavet, Boug d’Oisans, Mont de Lans, Villar-d’Arêne), furent constituées en stations pour les étapes militaires, pour le campement des légions, le relais des chars etc. Afin de compléter le système de leur stratégie sur la contrée, une nouvelle ligne fut établie par eux, qui, se détachant de la Voie vers le milieu de son trajet dans le pays ucénien, allait, par la montagne d’Auris de Brandes, d’OZ et par la vallée d’Olle, passer le Col de la Coche, pour rejoindre, au delà de la chaine, la voie romaine de la vallée supérieure de l’Isère. Cette ligne, en se bifurquant sur le plateau de Brandes fournissait une voie latérale au grand établissement fondé par les Romains sur cette montagne, pour l’exploitation des mines des Rousses, devenues aussi leur propriété, et pour la communication de cet établissement avec la voie principale. Aussi bien que celle-ci, ces deux voies secondaires existaient probablement avant les romains, qui ne firent que les transformer, en les agrandissant.  A la différence des routes qui leur ont succédé, ces voies, dans leur parcours en Oisans, se tenaient généralement sur les hauteurs évitant les vallées, à cause des torrents qui les couvraient de leurs divagations. Dans leur marche, elles avaient même à parcourir des plateaux élevés, tels que ceux de Paris, de Rif-Tort , de Brandes etc. Ces plateaux, que leur hauteur moyenne de 1800 mètres et un rude climat rendraient impraticables aujourd’hui pour une voie publique, étaient sous les Romains et plusieurs siècles après, couverts de forêts ou de cultures et habités.  Ainsi l’attestent, avec la tradition, des traces de terrains cultivés, des actes publics d’aliénation de parcelles, aux archives des communes, la découverte de bois enfouis et la présence de nombreuses ruines d’habitations. Là où la culture était possible, où végétaient des forêts et où l’homme pouvait résider, la climature des lieux ne mettait aucun obstacle à une circulation continue.
Cette circulation fut très active, tant que dura l’empire gallo romain et s’affaiblit après sa chute. Elle cessa tout à fait au XIV siècle. Un déboisement destructeur des bois qui ombrageaient ces plateaux détermina la ruine de la Voie par l’influence fatale qu’il exerça sur eux. A sa suite, la température s ‘y abaissa, le climat devint âpre et rigoureux le sol aride et les habitations se dépeuplèrent. Chassée de ces hauts lieux avec la population, la circulation publique descendit dans les vallées. La même cause eut, sur d’autres points de l’Oisans des effets non moins désastreux pour la voie. Le sol déjà désorganisé par les guerres fut de plus en certains endroits bouleversé par le déboisement. Privés de la garantie que la végétation et les bois leur avaient assuré contre les eaux, des terrains fortement inclinés croulaient dans les précipices avec la voie qu’ils supportaient. Tels ont été les changements survenus, de ces diverses manières, en quelques lieux où passait la Voie, qu’ils semblent y rendre aujourd’hui, son passage impossible. Des causes d’un autre genre contribuaient aussi un peu partout dans l’Oisans, au dépérissement de la Voie. Une fois délaissée, sa trace était en grande partie absorbée par les cultures qui l’avoisinaient ; dans les bois dans les champs, peu à peu elle disparaissait ignorée ; des chemins communaux s’en appropriaient des parties à leur convenance, sans se souvenir de leur antiquité vénérable. Du moins, un peu partout aussi, des sentiers gardaient sa place, et témoignaient de son existence passée, jusque dans les endroits les plus solitaires.
En complément : Les traces les plus anciennes d’habitat temporaire relevé en Oisans remontent au mésolithique (environ 7000 ans avant J.-C). Au début du second millénaire avant J.-C, une trace d’exploitation minière est découverte près de Vaujany. Les artéfacts en terre cuite, en bronze, en cuivre trouvés à Mont-de-Lans et Villard-Notre-Dame apportent les preuves d’une implantation permanente à partir du 8e siècle avant J.-C. Certains objets importés montrent l’existence d’un commerce entre l’Italie et la France.
Sources:
http://www.eric-tasset.com/
http://aimebocquet.com/index1.htm
http://jean.gallian.free.fr/bell2/histoire/histmat.html

Le Dauphiné

Le Dauphiné, principauté indépendante au milieu du moyen âge puis province royale jusqu’à la révolution, tient son unité de l’histoire. Son territoire si vaste et divers – des Ecrins à la vallée du Rhône, des confins de la Bresse aux terres Provençales – ne favorisait pourtant pas une unité économique ou démographique, ni la formation d’une véritable identité culturelle. Cependant durant près de 800 ans, une construction politique forte a permis à cette région d’exister et de se développer. Aujourd’hui éclaté sur trois départements (Isère, Drôme, Hautes-Alpes), le Dauphiné reste une identité forte et bien ancré dans la mémoire des Dauphinois.
Occupé jadis par des tribus Gauloises dont les Allobroges, ce vaste territoire fut conquit par les romains à partir de 125 av. J.-C. A la fin du 5e siècle, profitant de l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, les Burgondes fondent un vaste royaume qui couvre pratiquement tout le Sud-Est. Intégré au royaume des Francs mérovingiens à la fin du 6e siècle, ce territoire prend le nom de royaume de Bourgogne. Au 9e siècle, l’éloignement des centres du pouvoir, l’aspiration des aristocrates à une plus grande autonomie, la révolution castrale (multiplication des châteaux « privés ») favorisent l’émergence d’une conscience régionale. C’est du sein de ces lignages aristocratiques que s’affirme au début du 11e siècle, la famille des Guigues (comtes d’Albon) qui portera un siècle plus tard le titre de Dauphin. Loin des plaines du bas pays ou la concurrence des autres familles est trop forte, c’est dans les zones de montagnes que les premiers Dauphins vont établir leur autorité. Il faut attendre 1285 et la troisième génération de princes pour voir apparaitre la première occurrence du mot Dauphiné. En 1349, Humbert II cède la principauté du Dauphiné à la couronne de France et confie son pouvoir au petit-fils du roi de France, le futur Charles V (d’où le nom de « Dauphin » donné à l’héritier de la couronne). Durant plus de deux siècles, le Dauphiné conserve encore une certaine autonomie (assemblée autorisée à négocier l’impôt royal, droit de battre une monnaie ayant cours par tout le royaume, …). Au milieu du 17e siècle, Louis XIV parle de province du Dauphiné et non plus de principauté. Vocabulaire chargé de sens qui signifie le passage de l’héritage féodale « principauté » à des parties bien délimitées du royaume soumises à l’autorité du roi. Le 18e siècle fut une période de prospérité et de croissance économique pour le Dauphiné, dont la bourgeoisie, qui en récolta les fruits, fut à la tête du mouvement de contestation qui aboutit à la révolution puis à l’éclatement du Dauphiné en trois départements (Isère, Drôme, Hautes-Alpes) en février 1790.
Pratiquement, deux siècles plus tard, en 1982, le Dauphiné se trouva de nouveau partagé entre les régions Rhône-Alpes (comprenant la Drôme et l’Isère) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (incluant les Hautes-Alpes). Malgré tous ces découpages, le souvenir du Dauphiné perdure dans les mémoires, notamment à Grenoble qui fut durant plusieurs siècles le siège du parlement Dauphinois. Le drapeau du Dauphiné, dans sa version royale, est toujours fièrement affiché aux portes de Grenoble.
Pourquoi un Dauphin, symbole du Dauphiné ?
L’emblème du Dauphin est arboré par quelques chevaliers au retour de la première croisade (1099) dont les comtes d’Albon. Le Dauphin représente un animal de salut et de triomphe. Certains comtes d’Albon vont s’approprier ce symbole d’abord comme prénom (Delphinus), puis comme nom patronyme et enfin comme un titre de dignité. Il prend définitivement ce dernier sens à la fin du 13e siècle, avec l’avènement d’Humbert 1er.
Sources :
Nouvelle histoire du Dauphiné, édition Glénat
Histoire du Dauphiné, édition Yoran

Les glaciers rocheux

Un glacier rocheux est une masse de débris rocheux contenant de la glace en quantité suffisante pour que le « mélange » s’écoule sur la pente sous l’effet de la pesanteur. Les vitesses, bien plus lentes que celles des glaciers, sont de l’ordre de quelques décimètres à quelques mètres par an. Contrairement aux glaciers, les glaciers rocheux ne voient pas leur front reculer, ces derniers ne peuvent que progresser vers l’aval. Ils ressemblent à une coulée de lave d’apparence figée.
Le gel permanent du sol, pergélisol ou permafrost, est souvent à l’origine des glaciers rocheux, et, dans tous les cas, il permet leur maintien et leur fonctionnement. Les conditions favorables au pergélisol et aux glaciers rocheux se rencontrent généralement à partir de 2400-2500 m d’altitude en ubac, et 2800 m en adret, avec une fréquence plus marquée dans les parties sèches (Alpes internes) où les glaciers sont relégués à plus de 3000 m ( Briançonnais, Queyras, Vanoise, etc.)
Sous quelques mètres de débris rocheux, la glace apparaît, sous forme massive (avec des strates de plusieurs mètres d’épaisseur) ou sous forme interstitielle, enrobant les blocs, avec des proportions très variables (de 10 à plus de 60%). Les études montrent que cette glace s’est formée il y a plusieurs siècles, voire plusieurs milliers d’années. Le retrait des grands glaciers du « Dernier Maximum Glaciaire » (il y a environ 12 000 ans, quand les glaciers atteignaient Lyon) est généralement considéré comme la période d’initiation des glaciers rocheux, dont certains, les plus bas, ont pu depuis devenir inactifs, voire fossiles.

NEIGE ou neige !

La neige, un élément de plus en plus rare en station … Mais quelles différences entre neige naturelle, de culture voire artificielle ?


Neige de culture par universcience-lemonde

Formation de la neige naturelle
Dans les nuages, l’eau est sous forme liquide, même si les températures avoisinent les -10°C (alors qu’elle devrait être à l’état de glace dès 0°C environ). Ce phénomène très fréquent s’appelle la surfusion. Ainsi, l’eau reste liquide et ne se solidifie pas. Pour qu’il y ait congélation des gouttelettes, il doit y avoir présence de noyaux de nucléation (ou de condensation). Ce sont des particules de quelques micromètres (poussières industrielles, sels marins, minéraux divers…), qui vont rompre l’état d’équilibre entre l’air ambiant et l’eau en surfusion. Alors les petites gouttelettes vont se congeler autour des poussières pour former des germes de glace de forme hexagonale.
Par transferts d’énergie, on va voir les germes de glace se développer au profit des gouttelettes d’eau qui vont finalement disparaître. Cette croissance va être différente selon la température ambiante, et va donc former des cristaux de forme différente. Une fois que les cristaux seront suffisamment lourds, ils vont tomber. On trouve 3 types de croissances principales : Type aiguille entre -6°C et -10°C, type plaquette à -12°C et type étoile entre -13°C et -18°C.
Formation de la neige de culture
Au travers des canons à neige, on projette de l’eau sous pression dans l’air par un tout petit orifice, ce qui permet la formation de micro gouttelettes. Mais à cause du phénomène de surfusion, l’eau ne va pas geler, même si la température extérieure est négative. On va alors devoir former en parallèle les noyaux de condensation (ou de nucléation) qui vont permettre la cristallisation des gouttelettes. Pour se faire, on réalise un mélange d’eau et d’air sous pression, avec une infime quantité d’eau. Alors le peu d’eau va, avec la pression de l’air, s’atomiser aussi en de minuscules particules. Au contact de l’air froid, ces particules seront tellement petites qu’elle vont geler. On forme ainsi de toutes petites particules de glaces, qui serviront de noyaux de nucléation.
Ensuite, il suffit de se faire rencontrer à la sortie du canon ces deux jets pour former la neige de culture. La goutte d’eau transformée en glace va alors atteindre le sol, pour former le manteau neigeux. Les conditions idéales pour la formation de la neige sont -10°C et 20% d’humidité de l’air. Un mètre cube d’eau permet de produire environ 2 mètres cubes de neige pour un coût de 1,5 €.
Différence entre neige naturelle et de culture
La différence primordiale est la structure: La neige naturelle se forme à partir d’un germe de glace hexagonal. La neige de culture se forme à partir de gouttelettes d’eau de forme sphériques et ne pourra donc pas avoir de différences de croissance, elle va forcément donner des grains de neige sphériques. La neige de culture est ainsi plus stable, avec une meilleure cohésion. Elle est aussi plus dense, et résiste mieux au damage. Par contre, elle va plus vite former des plaques de glace, surtout si elle est humide. En effet de part sa géométrie, la seule évolution possible est la fonte, formant des plaques de verglas.
Dérives de la neige de culture
La neige de culture est 100% naturelle. Si le procédé de fabrication est artificiel, il retrace le mode de fabrication naturel de la neige constitué d’eau et d’air. Il faut donc bannir le terme de neige artificielle, d’ailleurs jamais employé dans le milieu de la neige de culture.
Cependant, il existe des dérives artificielles de la neige de culture. Celle qui fait beaucoup parler d’elle est le Snowmax de la société leader du marché York Neige. Elle consiste en fait à pulvériser avec l’eau des bactéries désactivées qui vont accélérer le processus de refroidissement de la neige. Il devient alors possible de former de la neige à des températures légèrement plus élevées (0°C), mais surtout on obtient une neige de meilleure qualité, plus sèche. Ce procédé très répandu à l’étranger est pour l’instant interdit en France.

Le Dauphiné, berceau du ski Français

En usage depuis fort longtemps dans les pays scandinaves, le ski ne fera  son apparition en France qu’a la fin du XIXe siècle sous l’impulsion de l’armée mais aussi de quelques précurseurs.
C’est dans les Hautes-Alpes, sur la montagne du Mt Guillaume au dessus d’Embrun, que sera réalisé en 1897, par le lieutenant Charles Widman, une des premières ascensions à ski des Alpes Françaises. Il démontra ainsi que le ski était un moyen plus rapide que les raquettes alors utilisées par les troupes de montagnes. Avec le capitaine Clerc du 159ièm RIA (Régiment d’Infanterie Alpine) de Briançon, ils vont contribuer a promouvoir l’utilisation du ski au sein de l’armée. C’est durant l’hivers 1901-1902 que l’on voit les premiers soldats du 159ièm RIA apprendre la nouvelle technique du ski. Bien que rapide, ce mode de déplacement est considéré comme dangereux car pour s’arrêter on utilise « l’arrêt Briançonnais » qui consiste a se laisser tomber brusquement. Le RIA fonde en 1903 la première école de ski mais c’est en 1906 que le ministère officialise l’Ecole Normale de Ski et confie sa mise en place au 159ièm RIA de Briançon qui devient « le régiment de la neige » au sein duquel, les capitanes Bernard et Rivas vont tenter d’améliorer la technique et apprendre aux hommes à skier et à fabriquer eux-mêmes leurs skis. Les planches « à la Briançonnaise » sont généralement fabriquées avec du frêne, font 2 mètres de long et sont utilisées avec un long bâton de la taille du skieur.
Parallèlement, le ski loisir nait sous l’impulsion de Henri Duhamel dans le massif de Belledonne en Isère. Il s’attribue des premiers essais à partir de 1878, mais c’est sans doute après 1890, qu’il commence à réaliser des parcours en ski. En 1895, il crée avec quelques amis le premier ski club de France. Ils s’entrainent sur les pentes de Chamrousse, organisent des sorties et contribuent ainsi à donner une image du ski comme « exercice agréable dans l’air vivifiant » !
Le premier concours international de ski est organisé en 1907, à Montgenèvre. Il regroupe les militaires mais aussi des skieurs venus de Norvège. Cette manifestation connaitra un grand succès auprès du public et va favoriser le développement tout azimut de ce nouveau sport. L’année suivante, le ski parvient a son premier apogée …

Cordes, pitons et mousquetons

samivel1Aujourd’hui, matériaux usuels et communs pour les alpinistes et grimpeurs, leur utilisation comme chaîne d’assurage a seulement un siècle !
La corde est sans doute le plus ancien moyen d’assurage utilisé. On trouve des descriptions de son utilisation dès le XVIe siècle où des paysans s’en servaient pour franchir cols et glaciers. Cependant, il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour voir son utilisation se généraliser mais sans faire l’unanimité. En effet, la corde d’alors est faite en chanvre, putrescible, sans élasticité, de faible résistance (500kg) et simplement passé autour de la taille. Si elle peut sauver des vies en provoquant parfois de graves traumatismes, elle peut aussi engendrer des tragédies dont la plus tristement connue est celle du Cervin qui précipite dans le vide quatre alpinistes après rupture de celle-ci! Elle va cependant devenir indispensable dès le début du XXe siècle avec l’ascension de voies d’escalade plus difficiles, puis utilisée systématiquement à partir de 1910 avec l’invention conjointe des pitons et mousquetons. Le matériaux évolue en 1947 grâce à la société Française Joanny qui remplace le chanvre par du nylon ce qui permet de rendre la corde dynamique et plus résistante. Elle dispose de nos jours d’une élasticité permettant d’absorber les chutes et sa charge de rupture dépasse les 2500kg. Il faut aussi noter l’arrivée en 1970 du harnais ou baudrier (développé par un Anglais) qui permet de ne plus s’encorder à la taille.
L’utilisation des pitons remonte sans doute à la fin du XIXe siècle, époque à laquelle il sert essentiellement de point d’ancrage pour les rappels. Son évolution et développement est étroitement liée à celle du mousqueton, accessoire fondamental qui permet de faire le lien entre le piton et la corde. Jusqu’au début du XXe siècle,  les grimpeurs devaient se décorder pour passer la corde dans l’œil du piton ! C’est vers 1910, dans les Alpes orientales qu’apparait cette chaine d’assurage (piton, mousqueton, corde) dont le principe est toujours appliqué aujourd’hui. Les premiers modèles de mousqueton utilisés par les pompiers munichois, sont repris et améliorés par les alpinistes Autrichiens et Allemands, mais ils sont lourds (130g) et présentent une faible résistance (450kg). Une avancée essentielle survient en 1939 avec le Français Pierre Alain qui conçoit le mousqueton moderne et réduit le poids de moitié (63g) tout en augmentant la résistance (750kg). Commercialisé après la seconde guerre mondiale, les modèles actuels en sont toujours dérivés avec des performances fortement améliorées. On trouve des mousquetons avec un poids de moins de 30g pour une résistance de plus de 2300kg. On notera aussi l’arrivée dans les années 1980 des goujons, tiges forées dans le rocher, qui présentent une résistance supérieure à celle des pitons (2500kg).
En France, cette chaîne d’assurage est présentée en 1932 dans la revue La Montagne mais contrairement aux Alpes orientales, son usage bien que connu reste d’une utilisation modérée jusque dans les années 1950.
Et en Oisans ! Le premier piton planté semble attribué à la cordée Autrichienne Purtscheller-Zygmondy en 1885 lors de la première traversée des arêtes de la Meije. Ce piton leur sert a accrocher la corde pour descendre à la force des bras à la brèche sous le Grand Pic. Il faut attendre les années 1930 pour voir ce système de progression et d’assurage utilisé en tant que tel, peut être par la cordée Boell-Le Ray lors de l’ascension de la face Sud de la Dibona en 1932.samivel2Source: Dictionnaire thématique des Alpes (Glénat) – Photos: Samivel

Escalade Ponteil

projetponteilponteil_angeProjet de nouvelles voies d’escalade au Ponteil, secteur Tour des Anges. Chantier démarré en novembre 2016 avec corde installée, quelques points placés, nettoyage et purge de quelques blocs. La suite en 2017 …

 

Le carré magique du Valbonnais

Situé dans la partie Ouest de l’Oisans, le village de Valbonnais (Isère) a son carré magique !
Connu depuis le XVe siècle, le carré SATOR du Valbonnais est taillé dans un bloc de gneiss. Situé à l’origine sur une maison du bourg, il est aujourd’hui placé au centre du village dans la Grande Rue à Valbonnais.
Il s’agit d’une inscription que l’on trouve en divers lieux et qui a fait couler beaucoup d’encre. Ce sont cinq mots latins dont la signification reste obscure. Il pourrait s’agir d’un signe de reconnaissance utilisé par les chrétiens durant les persécutions mais l’origine remonte sans doute aux premiers siècles de notre ère et il a pu avoir le même sens pendant le christianisme primitif sous les persécutions romaines.sator
Le carré SATOR est un palindrome , il se lit dans les deux sens de gauche à droite, de bas en haut et vice versa d’où l’appellation de carré magique. Il est composé des cinq mots :
– Sator : laboureur, planteur, semeur ; ou créateur, père, auteur
– Arepo : signification inconnue
– Tenet : il tient ; ou il tient en son pouvoir, voire maintient
– Opera : œuvre, travail, soin
– Rotas : roues  ou rotation, orbite, révolution
Le mot Arepo est un hapax: il n’apparaît nulle part ailleurs dans la littérature latine. Il est probable qu’il s’agisse d’un nom propre. Moult interprétations sont possibles et comme c’est un carré magique, il y a autant d’interprétations que de sens de lecture.
On notera aussi que les lettres de ce carré constituent une anagramme, qui, disposé en croix, donne deux fois : Pater noster, auquel on ajoute deux fois les lettres « A » et « O ». Ces dernières pouvant représenter « l’Alpha et l’Oméga ». Par ailleurs, le mot TENET situé au centre forme une image de croix, ce que suggère aussi la forme du T.

Glacier Blanc, encore un bilan négatif

diagglacierblanc2016Le dernier relevé a été réalisé le 30 septembre et la conclusion est sans appel ! Le bilan 2016 est un peu plus mauvais que la moyenne (-78 cm d’eau (environ – 85cm) pour -60cm à la moyenne). Depuis 2002, il a perdu en moyenne plus de 11 mètres d’épaisseur de glace avec des variations importantes fonction de l’altitude et le recul de la langue glaciaire approche les 800 mètres !
Tous les glaciers des Ecrins subissent le même sort et leur disparition semble inéluctable. Sur les 213 glaciers inventoriés dans les Ecrins en 1971, il en restait 153 en 2009: 60 glaciers ont disparu en moins de 40 ans. Pour autant, le nombre d’entités glaciaires a augmenté car la plupart des survivants se sont morcelés en 2, 3 … et jusqu’à 9 morceaux ! Entre 1971 et 2009, la surface englacée du massif des Ecrins est passée de 100,4 km² à 68,7 km². Pendant cette période, en raison de sa situation méridionale, le retrait glaciaire dans les Ecrins a été trois fois supérieur à celui du massif du Mont-Blanc. Si l’on compte une perte moyenne d’1 km²/an, on peut considérer qu’elle est aujourd’hui de l’ordre de 62 km². Partout, la vitesse du retrait s’est accélérée ces dernières décennies sous l’effet du changement climatique. On estime qu’une cinquantaine de glaciers supplémentaires, les plus petits, sont voués à disparaître dans les dix à quinze ans qui viennent dans les Écrins.
Source: PNE

Les Hautes-Alpes, terre de montagnes mais aussi du bon vin !

vin_hautes-alpesSi on connait cette région pour ces montagnes, on la connait moins pour son vin et pourtant celui-ci est de qualité et vaut largement celui produit dans les régions viticoles traditionnelles. De plus le cépage mollard, endémique de la région, apporte une touche unique. Dans les Hautes-Alpes, sept domaines ont leur vin protégé par le label (Indication Géographique Protégée). Sigle décerné aux vins de pays qui respectent un cahier des charges stricts, garantie de qualité.
Le domaine Allemand
Les vignes sont installées sur les coteaux de la Durance, près de Théus.
Le domaine de la Clochère
Vignes également situées sur les coteaux de la Durance, mais du côté de Remollon, ce vin est un mélange de différents cépages, dont le fameux mollard local.
Le domaine du Petit Août
Etroitement lié au Domaine Allemand. Les vignes sont situées sur les coteaux de la Durance, entre Théus, Remollon et Espinasses.
Le domaine Tavernier
Situé sur différentes communes de l’Embrunais.
Le domaine de Tresbaudon
Ce domaine est réparti sur les communes de Tallard et Châteauvieux.
La cave des Hautes vignes
C’est aujourd’hui la seule cave coopérative du département. Elle rassemble et vinifie les raisins des coteaux de l’Avance et de la Durance.
Le domaine SaintAndré
Vignes situées au pied du massif de Céüse.

Sentiers des Ecrins

sentier-ecrinsLe massif des Ecrins ne peut se parcourir qu’a pied. Sans doute un privilège qui le préserve de la sur-fréquentation ! C’est grâce aux sentiers qui le sillonnent que l’on accède au cœur de l’Oisans. Mais ces chemins qui nous permettent aujourd’hui de pratiquer la randonnée pédestre ont tous une longue histoire …
Au début, il n’y avait rien ! Puis peu à peu sont apparus des traces, sentes, drailles et enfin des sentiers se faufilant au travers des montagnes, utilisant les passages les plus aisés et permettant la circulation des hommes. Difficile de dire à quand remonte les premiers chemins, mais ils existent depuis fort longtemps ; Il y a quelque 9000 ans, des hommes ont campé au fond du vallon du Fournel. Voies de communication et d’échange entre villages et vallées depuis l’époque romaine, ils sont devenus sentiers de fuite (chemins des protestants), puis militaires, pastoral, forestiers, aménageurs, facteurs, … et enfin randonneurs depuis le milieu du XXe. C’est à partir de cette époque que les sentiers prennent une nouvelle fonction avec l’arrivée des “excursionnistes” puis des alpinistes. Grande nouveauté, on marche “pour le plaisir”… Après les aristocrates à la conquête des Alpes (Whymper, Coolidge et autre miss Breevort), les congés payés démocratisent la pratique. En 1936, les amoureux de la marche à pied et de la nature prennent le chemin des montagnes.
Les premiers sentiers de grande randonnée (GR) ont été tracés en France en 1947. Pour le massif des Ecrins, c’est au printemps 1964 que le GR54 est crée. Il fait partie de la trilogie des sentiers GR des Alpes française avec le Mt Blanc et la Vanoise mais c’est sans doute le plus sauvage. Il contourne l’Oisans à travers l’Isère et les Hautes-Alpes. 180km à parcourir, 14 cols et plus de 12800 mètres de dénivelé. Les Ecrins comptent aujourd’hui près de 700 km de sentiers.
Le Tour des Écrins, un itinéraire de légende !
C’est pendant l’hiver 1962-63, que Roger Canac pense à un sentier faisant le tour des Ecrins. Un tracé sur une carte va devenir progressivement un itinéraire qui s’organise avec quelques copains (Jean-Alix Martinez, Claude Couttaze, …) et connaissances contactés dans les différentes vallée. Il s’agit de s’assurer que les passages sont utilisables et que les randonneurs trouveront un lieu pour dormir à chaque étape. Le comité national des sentiers de grande randonnée a dit son intérêt sur le principe, il fournit le matériel de balisage… mais pas d’argent. Quand tout sera au point, il assurera la promotion de l’itinéraire et éditera le topo-guide. Les maisons des jeunes de Bourg d’Oisans, de la Mure et de Lyon apportent leur contribution pour la prospection puis le balisage. La réalisation progresse jusqu’à devenir une “oeuvre collective”, informelle au départ puis appuyée par les organismes officiels : services des eaux et forêts, collectivités, Club alpin français… Au printemps 1964, l’itinéraire est agréé officiellement “GR54”. À cette époque, certains cols, comme celui de l’Aup Martin n’avaient pas été pratiqués depuis plusieurs décennies. Les premiers randonneurs ont le sentiment d’être de véritables pionniers alors qu’ils empruntent en réalité des cheminements très anciens. On parlait déjà de créer un parc national. Quand il voit le jour, 10 ans plus tard, il bénéficie déjà d’une ossature de sentiers pour la découverte des vallées et des sommets prestigieux du massif… En 10 à 12 jours, le tour des Écrins passe par Bourg d’Oisans, La Grave, Le Monêtier-les-Bains, Vallouise, La Chapelle-en-Valgaudemar, Le Désert-en-Valjouffrey et Valsenestre. Désormais, l’entretien du GR 54 est assuré par le Parc, l’ONF, les communes et les Communautés de communes.
Sentier du ministre, une boutade !
Dans le Valgaudemar, le sentier du ministre chemine à flanc de montagne en direction des refuges de Vallonpierre et Chabournéou. Ce n’est pourtant pas une illustre personnalité qui a emprunté ce chemin muletier. Simplement, aux yeux des habitants, les ânes étaient au moins aussi utiles qu’un ministre. D’où l’appellation locale qui est restée dans les mémoires… et sur les cartes.

Source : Parc National des Ecrins

Le lac St Laurent

lacstlaurent1Le lac Saint Laurent recouvrait toute la plaine de Bourg d’Oisans. Aujourd’hui disparu, il a été à l’origine du « déluge de Grenoble ».
On trouve des récits datant de 1058 qui mentionnent l’existence d’un lac dans la plaine de Bourg d’Oisans. Bourg d’Oisans s’appelait alors Saint Laurent du Lac. Il est difficile d’en estimer le volume et la profondeur mais on sait que ce dernier se vidangeait déjà périodiquement fonction des crues de la Romanche. C’est au XIIe siècle que la physionomie du lieu s’est fortement modifiée suite à un monstrueux éboulement !
Au mois d’août 1191, après un terrible orage, les torrents de l’Infernet et de la Vaudaine provoquent un éboulement très important dans le verrou rocheux à l’amont du village de Livet. Cet amoncellement de pierres, de boue et d’arbres empêche l’écoulement naturel de la rivière la Romanche. Petit à petit les eaux montent forçant les habitants de Saint Laurent du Lac (Bourg d’Oisans) à évacuer la plaine, pour s’installer vers les hauteurs.
lacstlaurentA son apogée, le lac s’étendait sur plus de 18 kilomètres de long, noyant sous plus de 10 mètres d’eau, la plaine de Bourg d’Oisans. Selon certains documents, la profondeur allait jusque 20 mètres !

28 ans plus tard, le 14 septembre 1219, le barrage naturel céda sous le poids des eaux ; une énorme masse d’eau s’engouffra dans la vallée, la parcourut avec la violence d’un ouragan, brisant et emportant tout dans son cours furieux, arbres, terres, villages entiers. Cette rupture soudaine provoqua une inondation jusqu’à Grenoble faisant plus de 5000 morts.
Par la suite, bien que réduit, le lac Saint-Laurent exista encore pendant plus de trois siècles, renaissant parfois, comme le 4 août 1465 après un effroyable orage d’été. En 1540, réduit à une « flaque », il acheva de disparaître…
Les colères de la Romanche ne seront quant à elles, définitivement domptées qu’en 1935 avec la construction du Barrage du Chambon.

Falaises de St Crépin et du Ponteil

Nous sommes intervenus sur les falaises d’escalade de St Crépin (secteur des Lyonnais) et du Ponteil (secteur Hot Roc) courant août 2016 pour:
– Remplacer par des tiges collées tous les premiers points volés en début d’année. Toutes les voies d’escalade (départs) sont à nouveau sécurisées sur St Crépin.
-Réécrire les noms des voies d’escalade au Ponteil. Toutes les voies sont maintenant bien identifiées.

Les via ferrata

FerrataVigneauxLa première via ferrata date de 1843. Installée sur la voie normale duVigneauxFerrata Hoher Dachtein (Autriche), elle permettait un accès aisé sur ce sommet de 2995m. S’inspirant des techniques Autrichienne, l’armée Italienne développe au début du XXe siècle ce concept en équipant certains passages escarpés des Dolomites avec des câbles et des échelons pour permettre aux troupes alpines de se déplacer rapidement d’une vallée à l’autre avec du matériel lourd voire d’accéder sur les points hauts pour positionner des pièces d’artillerie.
Les premiers itinéraires s’adressant au grand public sont créés à partir des années 1980 et en France, la première via ferrata est construite dans les Hautes-Alpes à Freissinières en 1988. Le succès est immédiat et d’autres itinéraires sont rapidement tracés à l’aiguille du Lauzet et aux Vigneaux (05). En 1992, on dénombrait 6 via ferrata en France, 70 en 2000 et plus de 200 en 2016.
Equipées à grand renforts d’équipements métalliques : barreaux, câbles, échelles, rampes, marches, etc, les via ferrata d’aujourd’hui permettent de parcourir les parois les plus verticales voire même de franchir des ravins, des surplombs et offrent ainsi un accès grandement facilité aux néophytes désireux de découvrir le monde vertical. C’est même devenu une activité à part entière avec ces codes, équipements, topos, … et cotations qui vont de F (Facile)  à ED (Extrêmement Difficile). Cependant aucune comparaison n’est à faire avec l’escalade et l’alpinisme ! Quelqu’un de sportif et qui n’a pas l’appréhension du vide peu aisément se lancer dans des via ferrata de niveau ED.
Photos : Via ferrata des Vigneaux au tout début des années 90 avec un équipement rudimentaire (ni casques, ni longes, …) totalement proscrit aujourd’hui !