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La voie romaine de l’Oisans

Voie protohistorique faite pour les marcheurs et animaux sous l’époque des Uceni, elle a été aménagée en route carrossable pour le commerce et le passage des légions par les Romains.
Avant la conquête romaine, cette région est habité par les Ucènes (Ucennii en latin qui est à l’origine du mot Oisans). Cette peuplade, implantait sans doute depuis le 8e siècle avant J.-C, occupait le bassin de la Romanche avec les vallées affluentes et contrôlait de part sa position la voie commerciale entre Lyon et Turin via Grenoble, Bourg d’Oisans, le col de Lautaret, Briançon et Montgenèvre. Entourés par d’autres peuples indépendants comme eux, les Médulles, les Tricores, les Ceutrons, les Allobroges, ils jouissaient d’une existence propre et d’une autonomie complète à l’abri de la grande enceinte des monts qui les protégeait. Un sol fertile, des rivières, d’immenses montagnes procuraient des avantages exceptionnels non seulement pour son bien être intérieur, mais encore pour les échanges et le commerce. L’exploitation de mines nombreuses, ajoutait à ces avantages une source féconde de richesses. Les habitants du pays ucénien avaient une civilisation avancée (hypothèse corroborée par la découverte en plusieurs points de la région (Ventelon ,Venosc, …), d’objets divers et précieux, signes de distinction chez les peuples de la Gaule). Ainsi que tous leurs voisins, les Uceni étaient constitués en peuplade guerrière, chargée principalement de la défense du sol contre les ennemis du dehors. Les guerriers étaient des hommes robustes habitués à une vie laborieuse, aguerris par l’exercice périlleux de la chasse aux bêtes féroces, et préparés aux dangers de la guerre.
Le temps vint où ils allaient déployer toutes ces qualités contre un ennemi dont ils connaissaient la puissance. Rome, déjà maitresse d’une partie du monde, méditait la conquête des Gaules, et le pays des Uceni, situé non loin de la frontière italienne, pouvait lui fournir à cet effet un passage fort utile permettant d’accéder directement aux limites de l’empire romain. C’était le chemin le plus court de l’Allobrogie. En 58 avant J.-C, César dirigea ses troupes par ce chemin jugé plus favorable que d’autres à ses desseins ultérieurs. Mais, dès qu’il s’y fut engagé, il trouva les Uceni sur son passage. Chaque trajet tenté à travers leur peuplade était pour les Romains une série de luttes sanglantes où le nombre finissait toujours par l’emporter, mais qui n’en compromettaient pas moins le succès de leurs expéditions. Afin d’obtenir par là une circulation libre pour des légions il fallut d’abord dompter ces ennemis dont la résistance était si redoutable. Une dernière bataille fut livrée sur le plateau de Mont-de-Lans dans laquelle les Uceni, malgré une résistance opiniâtre et de valeureux efforts furent définitivement soumis et vaincus. C’est sans doute pour célébrer cette victoire décisive, qu’a été dressé, près du lieu qui en fut témoin, l’arc triomphal encore existant sur le territoire de cette commune, et connue sous le nom de « Porte des Romains ». Un monument de genre, élevé en cet endroit, signifiait de la part des vainqueurs l’importance du pays conquis et le prix qu’avait dû leur coûter la victoire. Rien ne prouva mieux d’ailleurs la vaillance et le patriotisme des Uceni, par la défense de leur pays contre l’invasion romaine, que l’honneur de voir leur nom inscrit, au rapport de Pline, sur le trophée des Alpes érigé par Auguste, au nombre des quarante peuples guerriers que Rome dut vaincre avant d’assujettir la Gaule.
Devenus maîtres du pays ucénien, les Romains s’empressèrent de mettre au service de l’invasion le chemin dont la possession leur avait été à cœur parce qu’ils en avaient compris toute l’utilité stratégique. La voie protohistorique était faite pour des marcheurs et des animaux, bâtés ou non, mais les Romains avaient besoin d’une route carrossable pour le commerce et le passage des légions. Pour cela, ils ont appliqué leurs talents de constructeur à l’édification de la route en haute montagne, route que la Table de Peutinger et l’Anonyme de Ravenne indiquent comme un grande voie transalpine. C’est la plus courte pour relier Rome à Lyon. La voie romaine sera aménagée entre l’an 13 et l’an 6 avant J.-C, sur le tracé de l’ancienne voie protohistorique en empruntant les bords de la Romanche au prix d’aménagements importants par les ingénieurs romains : c’est probablement ces travaux sur une route essentielle pour Rome qui ont frappé les esprits jusqu’à donner le nom de « Romanche » au torrent qu’elle suit sur une bonne partie de son cours. Lorsqu’ils eurent ensuite assuré leur domination sur les Gaules, les Alpes n’ayant plus pour eux de barrière, leur empire s’étendait incontesté sur les deux versants de la chaine centrale. Les provinces du versant occidental formaient la Gaule transalpine, et celles du versant oriental, la Gaule cisalpine. Chacune d’elles avaient ses villes métropoles et ces villes privilégiées étaient reliées entre elles par des voies spéciales qui franchissaient les chaines. Au nombre de ces métropoles se trouvaient la cité de Turin, pour la Gaule cisalpine, et celle de Vienne pour la Gaule transalpine. On songea à rattacher l’une à l’autre ces deux cités importantes, et le lien le plus direct pour elles se trouva dans la voie, des Alpes Cottiennes ou Briançonnais venait traverser la contrée des Uceni ou l’Oisans, et passait à Grenoble pour aller aboutir à Vienne. Les Romains ; qui connaissaient cette voie, la choisirent et la mirent dans l’état de viabilité convenable, à travers la montagne. Classée Parmi les voies consulaires, celle-ci eut une largeur de 5 mètres, et fut rendues partout carrossable sur son parcours dans le pays ucénien ; 3 ou 4 localités, situées à des distances à peu près égales (Gavet, Boug d’Oisans, Mont de Lans, Villar-d’Arêne), furent constituées en stations pour les étapes militaires, pour le campement des légions, le relais des chars etc. Afin de compléter le système de leur stratégie sur la contrée, une nouvelle ligne fut établie par eux, qui, se détachant de la Voie vers le milieu de son trajet dans le pays ucénien, allait, par la montagne d’Auris de Brandes, d’OZ et par la vallée d’Olle, passer le Col de la Coche, pour rejoindre, au delà de la chaine, la voie romaine de la vallée supérieure de l’Isère. Cette ligne, en se bifurquant sur le plateau de Brandes fournissait une voie latérale au grand établissement fondé par les Romains sur cette montagne, pour l’exploitation des mines des Rousses, devenues aussi leur propriété, et pour la communication de cet établissement avec la voie principale. Aussi bien que celle-ci, ces deux voies secondaires existaient probablement avant les romains, qui ne firent que les transformer, en les agrandissant.  A la différence des routes qui leur ont succédé, ces voies, dans leur parcours en Oisans, se tenaient généralement sur les hauteurs évitant les vallées, à cause des torrents qui les couvraient de leurs divagations. Dans leur marche, elles avaient même à parcourir des plateaux élevés, tels que ceux de Paris, de Rif-Tort , de Brandes etc. Ces plateaux, que leur hauteur moyenne de 1800 mètres et un rude climat rendraient impraticables aujourd’hui pour une voie publique, étaient sous les Romains et plusieurs siècles après, couverts de forêts ou de cultures et habités.  Ainsi l’attestent, avec la tradition, des traces de terrains cultivés, des actes publics d’aliénation de parcelles, aux archives des communes, la découverte de bois enfouis et la présence de nombreuses ruines d’habitations. Là où la culture était possible, où végétaient des forêts et où l’homme pouvait résider, la climature des lieux ne mettait aucun obstacle à une circulation continue.
Cette circulation fut très active, tant que dura l’empire gallo romain et s’affaiblit après sa chute. Elle cessa tout à fait au XIV siècle. Un déboisement destructeur des bois qui ombrageaient ces plateaux détermina la ruine de la Voie par l’influence fatale qu’il exerça sur eux. A sa suite, la température s ‘y abaissa, le climat devint âpre et rigoureux le sol aride et les habitations se dépeuplèrent. Chassée de ces hauts lieux avec la population, la circulation publique descendit dans les vallées. La même cause eut, sur d’autres points de l’Oisans des effets non moins désastreux pour la voie. Le sol déjà désorganisé par les guerres fut de plus en certains endroits bouleversé par le déboisement. Privés de la garantie que la végétation et les bois leur avaient assuré contre les eaux, des terrains fortement inclinés croulaient dans les précipices avec la voie qu’ils supportaient. Tels ont été les changements survenus, de ces diverses manières, en quelques lieux où passait la Voie, qu’ils semblent y rendre aujourd’hui, son passage impossible. Des causes d’un autre genre contribuaient aussi un peu partout dans l’Oisans, au dépérissement de la Voie. Une fois délaissée, sa trace était en grande partie absorbée par les cultures qui l’avoisinaient ; dans les bois dans les champs, peu à peu elle disparaissait ignorée ; des chemins communaux s’en appropriaient des parties à leur convenance, sans se souvenir de leur antiquité vénérable. Du moins, un peu partout aussi, des sentiers gardaient sa place, et témoignaient de son existence passée, jusque dans les endroits les plus solitaires.
En complément : Les traces les plus anciennes d’habitat temporaire relevé en Oisans remontent au mésolithique (environ 7000 ans avant J.-C). Au début du second millénaire avant J.-C, une trace d’exploitation minière est découverte près de Vaujany. Les artéfacts en terre cuite, en bronze, en cuivre trouvés à Mont-de-Lans et Villard-Notre-Dame apportent les preuves d’une implantation permanente à partir du 8e siècle avant J.-C. Certains objets importés montrent l’existence d’un commerce entre l’Italie et la France.
Sources:
http://www.eric-tasset.com/
http://aimebocquet.com/index1.htm
http://jean.gallian.free.fr/bell2/histoire/histmat.html

Le Dauphiné

Le Dauphiné, principauté indépendante au milieu du moyen âge puis province royale jusqu’à la révolution, tient son unité de l’histoire. Son territoire si vaste et divers – des Ecrins à la vallée du Rhône, des confins de la Bresse aux terres Provençales – ne favorisait pourtant pas une unité économique ou démographique, ni la formation d’une véritable identité culturelle. Cependant durant près de 800 ans, une construction politique forte a permis à cette région d’exister et de se développer. Aujourd’hui éclaté sur trois départements (Isère, Drôme, Hautes-Alpes), le Dauphiné reste une identité forte et bien ancré dans la mémoire des Dauphinois.
Occupé jadis par des tribus Gauloises dont les Allobroges, ce vaste territoire fut conquit par les romains à partir de 125 av. J.-C. A la fin du 5e siècle, profitant de l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, les Burgondes fondent un vaste royaume qui couvre pratiquement tout le Sud-Est. Intégré au royaume des Francs mérovingiens à la fin du 6e siècle, ce territoire prend le nom de royaume de Bourgogne. Au 9e siècle, l’éloignement des centres du pouvoir, l’aspiration des aristocrates à une plus grande autonomie, la révolution castrale (multiplication des châteaux « privés ») favorisent l’émergence d’une conscience régionale. C’est du sein de ces lignages aristocratiques que s’affirme au début du 11e siècle, la famille des Guigues (comtes d’Albon) qui portera un siècle plus tard le titre de Dauphin. Loin des plaines du bas pays ou la concurrence des autres familles est trop forte, c’est dans les zones de montagnes que les premiers Dauphins vont établir leur autorité. Il faut attendre 1285 et la troisième génération de princes pour voir apparaitre la première occurrence du mot Dauphiné. En 1349, Humbert II cède la principauté du Dauphiné à la couronne de France et confie son pouvoir au petit-fils du roi de France, le futur Charles V (d’où le nom de « Dauphin » donné à l’héritier de la couronne). Durant plus de deux siècles, le Dauphiné conserve encore une certaine autonomie (assemblée autorisée à négocier l’impôt royal, droit de battre une monnaie ayant cours par tout le royaume, …). Au milieu du 17e siècle, Louis XIV parle de province du Dauphiné et non plus de principauté. Vocabulaire chargé de sens qui signifie le passage de l’héritage féodale « principauté » à des parties bien délimitées du royaume soumises à l’autorité du roi. Le 18e siècle fut une période de prospérité et de croissance économique pour le Dauphiné, dont la bourgeoisie, qui en récolta les fruits, fut à la tête du mouvement de contestation qui aboutit à la révolution puis à l’éclatement du Dauphiné en trois départements (Isère, Drôme, Hautes-Alpes) en février 1790.
Pratiquement, deux siècles plus tard, en 1982, le Dauphiné se trouva de nouveau partagé entre les régions Rhône-Alpes (comprenant la Drôme et l’Isère) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (incluant les Hautes-Alpes). Malgré tous ces découpages, le souvenir du Dauphiné perdure dans les mémoires, notamment à Grenoble qui fut durant plusieurs siècles le siège du parlement Dauphinois. Le drapeau du Dauphiné, dans sa version royale, est toujours fièrement affiché aux portes de Grenoble.
Pourquoi un Dauphin, symbole du Dauphiné ?
L’emblème du Dauphin est arboré par quelques chevaliers au retour de la première croisade (1099) dont les comtes d’Albon. Le Dauphin représente un animal de salut et de triomphe. Certains comtes d’Albon vont s’approprier ce symbole d’abord comme prénom (Delphinus), puis comme nom patronyme et enfin comme un titre de dignité. Il prend définitivement ce dernier sens à la fin du 13e siècle, avec l’avènement d’Humbert 1er.
Sources :
Nouvelle histoire du Dauphiné, édition Glénat
Histoire du Dauphiné, édition Yoran

Les glaciers rocheux

Un glacier rocheux est une masse de débris rocheux contenant de la glace en quantité suffisante pour que le « mélange » s’écoule sur la pente sous l’effet de la pesanteur. Les vitesses, bien plus lentes que celles des glaciers, sont de l’ordre de quelques décimètres à quelques mètres par an. Contrairement aux glaciers, les glaciers rocheux ne voient pas leur front reculer, ces derniers ne peuvent que progresser vers l’aval. Ils ressemblent à une coulée de lave d’apparence figée.
Le gel permanent du sol, pergélisol ou permafrost, est souvent à l’origine des glaciers rocheux, et, dans tous les cas, il permet leur maintien et leur fonctionnement. Les conditions favorables au pergélisol et aux glaciers rocheux se rencontrent généralement à partir de 2400-2500 m d’altitude en ubac, et 2800 m en adret, avec une fréquence plus marquée dans les parties sèches (Alpes internes) où les glaciers sont relégués à plus de 3000 m ( Briançonnais, Queyras, Vanoise, etc.)
Sous quelques mètres de débris rocheux, la glace apparaît, sous forme massive (avec des strates de plusieurs mètres d’épaisseur) ou sous forme interstitielle, enrobant les blocs, avec des proportions très variables (de 10 à plus de 60%). Les études montrent que cette glace s’est formée il y a plusieurs siècles, voire plusieurs milliers d’années. Le retrait des grands glaciers du « Dernier Maximum Glaciaire » (il y a environ 12 000 ans, quand les glaciers atteignaient Lyon) est généralement considéré comme la période d’initiation des glaciers rocheux, dont certains, les plus bas, ont pu depuis devenir inactifs, voire fossiles.

NEIGE ou neige !

La neige, un élément de plus en plus rare en station … Mais quelles différences entre neige naturelle, de culture voire artificielle ?


Neige de culture par universcience-lemonde

Formation de la neige naturelle
Dans les nuages, l’eau est sous forme liquide, même si les températures avoisinent les -10°C (alors qu’elle devrait être à l’état de glace dès 0°C environ). Ce phénomène très fréquent s’appelle la surfusion. Ainsi, l’eau reste liquide et ne se solidifie pas. Pour qu’il y ait congélation des gouttelettes, il doit y avoir présence de noyaux de nucléation (ou de condensation). Ce sont des particules de quelques micromètres (poussières industrielles, sels marins, minéraux divers…), qui vont rompre l’état d’équilibre entre l’air ambiant et l’eau en surfusion. Alors les petites gouttelettes vont se congeler autour des poussières pour former des germes de glace de forme hexagonale.
Par transferts d’énergie, on va voir les germes de glace se développer au profit des gouttelettes d’eau qui vont finalement disparaître. Cette croissance va être différente selon la température ambiante, et va donc former des cristaux de forme différente. Une fois que les cristaux seront suffisamment lourds, ils vont tomber. On trouve 3 types de croissances principales : Type aiguille entre -6°C et -10°C, type plaquette à -12°C et type étoile entre -13°C et -18°C.
Formation de la neige de culture
Au travers des canons à neige, on projette de l’eau sous pression dans l’air par un tout petit orifice, ce qui permet la formation de micro gouttelettes. Mais à cause du phénomène de surfusion, l’eau ne va pas geler, même si la température extérieure est négative. On va alors devoir former en parallèle les noyaux de condensation (ou de nucléation) qui vont permettre la cristallisation des gouttelettes. Pour se faire, on réalise un mélange d’eau et d’air sous pression, avec une infime quantité d’eau. Alors le peu d’eau va, avec la pression de l’air, s’atomiser aussi en de minuscules particules. Au contact de l’air froid, ces particules seront tellement petites qu’elle vont geler. On forme ainsi de toutes petites particules de glaces, qui serviront de noyaux de nucléation.
Ensuite, il suffit de se faire rencontrer à la sortie du canon ces deux jets pour former la neige de culture. La goutte d’eau transformée en glace va alors atteindre le sol, pour former le manteau neigeux. Les conditions idéales pour la formation de la neige sont -10°C et 20% d’humidité de l’air. Un mètre cube d’eau permet de produire environ 2 mètres cubes de neige pour un coût de 1,5 €.
Différence entre neige naturelle et de culture
La différence primordiale est la structure: La neige naturelle se forme à partir d’un germe de glace hexagonal. La neige de culture se forme à partir de gouttelettes d’eau de forme sphériques et ne pourra donc pas avoir de différences de croissance, elle va forcément donner des grains de neige sphériques. La neige de culture est ainsi plus stable, avec une meilleure cohésion. Elle est aussi plus dense, et résiste mieux au damage. Par contre, elle va plus vite former des plaques de glace, surtout si elle est humide. En effet de part sa géométrie, la seule évolution possible est la fonte, formant des plaques de verglas.
Dérives de la neige de culture
La neige de culture est 100% naturelle. Si le procédé de fabrication est artificiel, il retrace le mode de fabrication naturel de la neige constitué d’eau et d’air. Il faut donc bannir le terme de neige artificielle, d’ailleurs jamais employé dans le milieu de la neige de culture.
Cependant, il existe des dérives artificielles de la neige de culture. Celle qui fait beaucoup parler d’elle est le Snowmax de la société leader du marché York Neige. Elle consiste en fait à pulvériser avec l’eau des bactéries désactivées qui vont accélérer le processus de refroidissement de la neige. Il devient alors possible de former de la neige à des températures légèrement plus élevées (0°C), mais surtout on obtient une neige de meilleure qualité, plus sèche. Ce procédé très répandu à l’étranger est pour l’instant interdit en France.

Le Dauphiné, berceau du ski Français

En usage depuis fort longtemps dans les pays scandinaves, le ski ne fera  son apparition en France qu’a la fin du XIXe siècle sous l’impulsion de l’armée mais aussi de quelques précurseurs.
C’est dans les Hautes-Alpes, sur la montagne du Mt Guillaume au dessus d’Embrun, que sera réalisé en 1897, par le lieutenant Charles Widman, une des premières ascensions à ski des Alpes Françaises. Il démontra ainsi que le ski était un moyen plus rapide que les raquettes alors utilisées par les troupes de montagnes. Avec le capitaine Clerc du 159ièm RIA (Régiment d’Infanterie Alpine) de Briançon, ils vont contribuer a promouvoir l’utilisation du ski au sein de l’armée. C’est durant l’hivers 1901-1902 que l’on voit les premiers soldats du 159ièm RIA apprendre la nouvelle technique du ski. Bien que rapide, ce mode de déplacement est considéré comme dangereux car pour s’arrêter on utilise « l’arrêt Briançonnais » qui consiste a se laisser tomber brusquement. Le RIA fonde en 1903 la première école de ski mais c’est en 1906 que le ministère officialise l’Ecole Normale de Ski et confie sa mise en place au 159ièm RIA de Briançon qui devient « le régiment de la neige » au sein duquel, les capitanes Bernard et Rivas vont tenter d’améliorer la technique et apprendre aux hommes à skier et à fabriquer eux-mêmes leurs skis. Les planches « à la Briançonnaise » sont généralement fabriquées avec du frêne, font 2 mètres de long et sont utilisées avec un long bâton de la taille du skieur.
Parallèlement, le ski loisir nait sous l’impulsion de Henri Duhamel dans le massif de Belledonne en Isère. Il s’attribue des premiers essais à partir de 1878, mais c’est sans doute après 1890, qu’il commence à réaliser des parcours en ski. En 1895, il crée avec quelques amis le premier ski club de France. Ils s’entrainent sur les pentes de Chamrousse, organisent des sorties et contribuent ainsi à donner une image du ski comme « exercice agréable dans l’air vivifiant » !
Le premier concours international de ski est organisé en 1907, à Montgenèvre. Il regroupe les militaires mais aussi des skieurs venus de Norvège. Cette manifestation connaitra un grand succès auprès du public et va favoriser le développement tout azimut de ce nouveau sport. L’année suivante, le ski parvient a son premier apogée …

Le carré magique du Valbonnais

Situé dans la partie Ouest de l’Oisans, le village de Valbonnais (Isère) a son carré magique !
Connu depuis le XVe siècle, le carré SATOR du Valbonnais est taillé dans un bloc de gneiss. Situé à l’origine sur une maison du bourg, il est aujourd’hui placé au centre du village dans la Grande Rue à Valbonnais.
Il s’agit d’une inscription que l’on trouve en divers lieux et qui a fait couler beaucoup d’encre. Ce sont cinq mots latins dont la signification reste obscure. Il pourrait s’agir d’un signe de reconnaissance utilisé par les chrétiens durant les persécutions mais l’origine remonte sans doute aux premiers siècles de notre ère et il a pu avoir le même sens pendant le christianisme primitif sous les persécutions romaines.sator
Le carré SATOR est un palindrome , il se lit dans les deux sens de gauche à droite, de bas en haut et vice versa d’où l’appellation de carré magique. Il est composé des cinq mots :
– Sator : laboureur, planteur, semeur ; ou créateur, père, auteur
– Arepo : signification inconnue
– Tenet : il tient ; ou il tient en son pouvoir, voire maintient
– Opera : œuvre, travail, soin
– Rotas : roues  ou rotation, orbite, révolution
Le mot Arepo est un hapax: il n’apparaît nulle part ailleurs dans la littérature latine. Il est probable qu’il s’agisse d’un nom propre. Moult interprétations sont possibles et comme c’est un carré magique, il y a autant d’interprétations que de sens de lecture.
On notera aussi que les lettres de ce carré constituent une anagramme, qui, disposé en croix, donne deux fois : Pater noster, auquel on ajoute deux fois les lettres « A » et « O ». Ces dernières pouvant représenter « l’Alpha et l’Oméga ». Par ailleurs, le mot TENET situé au centre forme une image de croix, ce que suggère aussi la forme du T.

Les via ferrata

FerrataVigneauxLa première via ferrata date de 1843. Installée sur la voie normale duVigneauxFerrata Hoher Dachtein (Autriche), elle permettait un accès aisé sur ce sommet de 2995m. S’inspirant des techniques Autrichienne, l’armée Italienne développe au début du XXe siècle ce concept en équipant certains passages escarpés des Dolomites avec des câbles et des échelons pour permettre aux troupes alpines de se déplacer rapidement d’une vallée à l’autre avec du matériel lourd voire d’accéder sur les points hauts pour positionner des pièces d’artillerie.
Les premiers itinéraires s’adressant au grand public sont créés à partir des années 1980 et en France, la première via ferrata est construite dans les Hautes-Alpes à Freissinières en 1988. Le succès est immédiat et d’autres itinéraires sont rapidement tracés à l’aiguille du Lauzet et aux Vigneaux (05). En 1992, on dénombrait 6 via ferrata en France, 70 en 2000 et plus de 200 en 2016.
Equipées à grand renforts d’équipements métalliques : barreaux, câbles, échelles, rampes, marches, etc, les via ferrata d’aujourd’hui permettent de parcourir les parois les plus verticales voire même de franchir des ravins, des surplombs et offrent ainsi un accès grandement facilité aux néophytes désireux de découvrir le monde vertical. C’est même devenu une activité à part entière avec ces codes, équipements, topos, … et cotations qui vont de F (Facile)  à ED (Extrêmement Difficile). Cependant aucune comparaison n’est à faire avec l’escalade et l’alpinisme ! Quelqu’un de sportif et qui n’a pas l’appréhension du vide peu aisément se lancer dans des via ferrata de niveau ED.
Photos : Via ferrata des Vigneaux au tout début des années 90 avec un équipement rudimentaire (ni casques, ni longes, …) totalement proscrit aujourd’hui !

Lac, légende et Chapelle Ste Anne

StAnneLe lac Sainte Anne s’appelait autrefois lac de l’Adoux. Le changement de nom est lié à la légende: Il y a fort longtemps, sans doute au XVIIe siècle, deux jeunes bergers s’étaient confectionnés un radeau de fortune et s’étaient laissés pousser doucement par le vent vers le centre du lac qu’ils comptaient traverser. Hélas quand ils furent arrivés au milieu, plus un souffle d’air. Impossible de revenir. Le soir tombant, leurs parents finirent par s’inquiéter et après de longues recherches, les trouvèrent coincés sur leur frêle esquif. Instructions, exhortations, conseils divers… rien n’y faisant, ils n’eurent plus que la ressource de se jeter à genoux et d’implorer Sainte Anne qui protège si bien les navigateurs. Ils lui promirent, s’ils retrouvaient leurs enfants, de lui construire une chapelle. Sainte Anne les entendit de sorte qu’une brise légère se leva et ramena les enfants jusqu’à la rive.
La construction de la chapelle remonte au XVIIe siècle voire même plus tôt. La première procession pour demander la pluie remonte à 1699. De nos jours, la procession perdure et les gens prient afin qu’il n’y ait pas de sécheresse. Situé à 2414m, au pied de la Font Sancte, le lac profond d’une vingtaine de mètres, est aussi un magnifique but de randonnée.

Horloge des Hermes

Horloge_HermesBâtie sur une éminence stérile (hermes en langue d’oc) l’horloge des Hermes domine l’Argentière-la-Bessée depuis près d’un siècle. L’histoire commence en 1906, date à laquelle un bail est signé  entre Monsieur Gilbert Planche ingénieur hydroélectrique, ses ayants droit et la commune. Ce bail concernait la cession des droits communaux aux abords du torrent du Fournel afin d’y établir une usine électrométallurgique, mais stipulait aussi que le preneur s’engageait à mettre en place deux horloges d’une des meilleures marques modernes, chacune avec quatre cadrans d’un mètre de diamètre, sonnant les heures et les demies, l’une destinée au clocher de l’église de L’Argentière, l’autre destinée au clocher de l’église de La Bessée-du-Milieu. Les travaux ont sans doute débutés en 1909, date à laquelle l’usine qui permettait de fabriquer de l’aluminium fut inaugurée. Après maintes péripéties et la guerre, seule l’horloge située sur le rocher dominant l’Argentière est maintenue. Elle permettait d’être visible par tous et notamment des ouvriers. Achevée en 1922, elle est aussi appelée “l’horloge des patrons”, ces derniers pouvaient surveiller la ponctualité des employés.

La Maison du Roy

Ce hameau situé à 5 km de Guillestre, au confluent du Guil et du Cristillan, s’appelait autrefois Pont la Pierre. La tradition rapporte que Louis XIII se rendant en Italie en 1629 se serait arrêté, le 28 février, à l’auberge située dans ce lieudit. La légende veut qu’il se soit plaint du prix, trop élevé à son gré, des œufs que lui vendait l’aubergiste. « Les œufs sont donc bien rares dans ce pays pour qu’ils soient si chers » dit-il. « Sire » répartit le Queyrassin, « ce ne sont pas les œufs qui sont rares ici, c’est la présence de votre majesté ».  Dans les archives du Queyras, ce hameau est appelé « Maison-du-Roy » depuis ce moment en raison d’une « sauvegarde du Roy » accordée à l’aubergiste. Il bénéficia d’une réduction des tailles et d’une exemption de corvée, à condition de fournir à bon prix le gîte et le couvert et ce, pendant toute l’année, aux voyageurs et aux soldats de la garnison de Château-Queyras.
Source: Le courrier du Queyras (août 1971)

Le pertuis du Viso

Si vous cherchez une randonnée insolite, si vous souhaitez vous dépayser et découvrir quelque chose de différent dans le Queyras, alors c’est au tunnel de la Traversette qu’il faut aller !
Situé sous le col du même nom, à la limite des communes de Ristolas (05) et Crissolo (Italie), l’ouvrage est creusé entre juin 1479 et novembre 1480, à l’initiative de Ludovic II, marquis de Saluces, pour relier la Provence et le Dauphiné à son marquisat, et en particulier sécuriser la route du sel. Ce projet, présenté au Parlement de Grenoble, reçoit l’aide du roi de France, Louis XI, du marquis de Montferrat et du seigneur de Provence.
D’une longueur de 75 mètres, d’une hauteur d’environ 2 mètres et d’une largeur moyenne de 2,5 mètres la galerie en pente vers le côté piémontais s’étage entre 2900 et 2915 m d’altitude. Il est dimensionné de manière à permettre le passage d’un mulet bâté et d’un homme courbé. L’emprunter permet d’éviter de franchir le col de la Traversette, à 2 947 mètres d’altitude.
Sur le plan économique, il permet de réduire de trois jours le trajet de Grenoble à Saluces, en évitant le duché  de Savoie qui contrôle alors le col du Mont-Cenis, ce qui favorise le commerce. Les caravanes reliant la Provence à Turin gagnent jusqu’à trois semaines par rapport à l’itinéraire sud qui emprunte le col de Montgenèvre. De France étaient exporté de nombreux produits – du sel de Provence (Etang de Berre) notamment pour les troupeaux du marquisat, des étoffes, des brocarts et des chevaux. D’Italie étaient importés du riz, de la laine et des peaux. Le sel était stocké dans des greniers notamment à Chateau-Queyras et Guillestre. Les denrées remontaient en barque jusqu’à Savines, en remontant la Durance.
Fermé au XVIe siècle, rouvert puis fermé à plusieurs reprises, le pertuis du Viso a été redécouvert par les alpinistes dans les années 1900, puis restauré en 1907 grâce au concours du Club Alpin Italien, et du Touring Club Français. Sa réouverture a été officialisée le 25 Août 1907. Ce « tunnel du sel » a été aussi notoirement une route de contrebande jusque dans les années 50. En 1997, le Parc Naturel Régional du Queyras et la commune de Ristolas engagent des travaux afin de rendre à nouveau praticable le tunnel aux randonneurs. La dernière restauration date de 2014.
L’histoire prête qu’ Hannibal serait passé par le difficile col de la Traversette en 218 avant Jésus Christ. Difficile d’imaginer un tel périple notamment avec 37 éléphants, 15000 chevaux et 30000 hommes ! Cependant, une analyse carbone de vieux crottins de cheval trouvés dans cette zone datent ceux-ci aux alentours de 200 avant J.C. Hannibal aurait donc pu emprunter l’itinéraire passant par la Haute-Durance …

Source: www.envie-de-queyras.com

Lacs des Ecrins

Territoire exceptionnel de haute montagne, situé à la frontière des Alpes du Nord et du Sud, la position du massif des Ecrins lui apporte la diversité des espaces nordiques et méditerranéens. De profondes vallées percent le massif jusqu’à son cœur de glace, une forteresse qui culmine à 4101 m, à la Barre des Ecrins, entourée d’autres sommets tout aussi prestigieux tels que la Meije, le Rateau, les Agneaux, le Pelvoux, les Bans, l’Olan, le Sirac, … Détenteur de rareté, ce vaste territoire cache aussi, en son sein de nombreux joyaux disséminés au pied de ces prestigieux sommets ; ce sont les lacs des Ecrins: Lauvitel, Pavé, Eychauda, Distroit, Mariande, Pétarel, Surat, Pissoux, Vallon, …, on en dénombre 44 dans la zone cœur du Parc National des Ecrins.
Pour partir à leur rencontre => LacsPNE

Spectre de Brocken

SpectreBrockenDepuis des époques très reculées, la montagne du Brocken (Allemagne) a été réputée comme le théâtre habituel d’apparitions extraordinaires. Les paysans du pays parlent encore aujourd’hui du Brocken avec un certain effroi. Ce sommet, qu’ils croient ensorcelé, leur inspire des terreurs superstitieuses. Ils redoutent d’en faire l’ascension à l’heure du lever du soleil, car c’est à ce moment surtout, que d’après leurs récits, des spectres formidables apparaissent au sein de l’air, que des ombres colossales surgissent  au milieu des nuages …
Ce phénomène rare qui s’aperçoit plutôt en montagne est aujourd’hui bien connu. Il est formé par la diffusion de la lumière par les gouttelettes qui forment le brouillard. La condition optimale pour l’observer est d’avoir un Soleil bien dégagé derrière soi et une nappe de brouillard devant soi. On a donc le Soleil dans le dos, et l’on observe l’apparition d’un cercle lumineux et coloré à l’exacte opposée du Soleil. Ce cercle lumineux a pour nom la Gloire. On observe aussi une zone centrale sombre, qui n’est autre que l’ombre de l’observateur, cachant le centre et le bas de la Gloire: c’est le Spectre de Brocken. Chaque personne voit donc son propre spectre.
On peut aussi se reporter à la description qu’en fait Charles Baudelaire dans les Paradis artificiels  Spectre du Brocken

Durance ou Clarée

La Durance court sur plus de 320km, irrigue des milliers d’hectares et a permis la vie de bien des peuples depuis des millénaires jusqu’à la méditerranée. Toutefois, son nom a prêté, jadis, à bien des débats. En effet, la plupart des rivières sont généralement nommées par le premier affluent d’où elles prennent leur source. Et c’est ici la généreuse Clarée qui la nourri avant tout autre. Mais l’histoire du commerce d’antan trancha, probablement parce que la vallée de la Durance est une voie de communication importante et ancienne alors que celle de la Clarée et un cul-de-sac. Certains regrettent encore de nos jours que cette Durance ne fût pas baptisée Clarée.
Source Dauphiné Libéré

Le plan de Phazy

Plan de PhazyLes sources thermales du plan de Phazy : Des eaux minérales, salées et chaudes, venues des profondeurs de la terre.
Les eaux superficielles s’infiltrent dans les calcaires perméables des flancs de montagne, descendent dans la faille de la Durance de 1000 mètres de profondeur, se réchauffant d’environ 1°C pour 33 mètres descendant, puis remontent par une cassure pour émerger en deux sources, au Plan de Phazy situé à proximité de Guillestre.
La source des Suisses, abrité par une rotonde,  avec une température constante de 26,5°C et un débit de 300 litres par minute est utilisé depuis 1882 pour chauffer les serres d’horticulture situées en aval.
La source de la Rotonde avec une température constante de 27°C et un débit de 130 litres par minute. Elle s’ écoule à l’air libre en cascade dans quatre bassins accessible au public.
Les différentes analyses chimiques réalisées confirment qu’il s’agit d’eaux chlorées, sodiques, sulfatées, calciques et magnésiennes. Utilisées en traitement externe, elles sont recommandées pour les arthroses, les affections rhumatismales, hépatiques, rénales et les dermatoses.
La découverte et l’utilisation des deux sources sont anciennes puisqu’elles remontent à l’époque Gallo-romaine, le Plan de Phazy se trouvant sur la voie romaine. Les romains connaissaient déjà l’action cicatrisante de ses sources et y baignaient leurs blessés. Au moyen-âge, trois hôpitaux furent construit à quelques kilomètres et les malades fréquentaient les sources. Au XVIIIe siècle, le chirurgien major de l’hôpital de Mont-Dauphin attire l’attention des pouvoirs publics sur ces eaux qui triompheraient des affections les plus rebelles. Mais, c’est au XIXe siècle que parait la première publication relatant les vertus thérapeutiques des sources . En 1824, sous le règne de Charles X, sera autorisé la construction d’un établissement thermal, dit « La Rotonde », à l’émergence de la source. Dès cette époque, le site est largement fréquenté aussi bien par les curistes locaux que par les militaires des garnisons voisines.
Un centre thermal devrait voir le jour prochainement avec notamment l’aménagement de bains scandinaves.